Freddie

1 h 15

trailer Freddie

FREDDIE

Photo: Armando Valdés

 

texte : Abilio Estévez

jeu : Jean Massé

mise en scène et traduction : Ivan Jimenez

lumières : Allan Périé

trailer: Marguerite Pellerin

La création de Freddie a eu lieu le vendredi 17 avril 2015, à Paris, au Théâtre de l’École Normale Supérieure.

# Habillé d’un short en jean, Freddie est un homme qui a l’air jeune. Il habite dans un lieu enfermé qui pourrait être une pièce chez lui ou la chambre d’un hôpital psychiatrique. Dans cet espace restreint, il mène un combat intime contre les figures d’autorité : la mère, le grand-père maternel, le médecin, l’infirmière… L’illusion de trouver une satisfaction ailleurs, l’angoisse mortifère liée au désir de ce qui est interdit, la réinvention perpétuelle du moi, l’envie d’être un autre, ce sont les motifs de son soliloque qui trouvent une issue par le culte d’une idole : Freddie Mercury, le chanteur de Queen…

« Si, Freddie, j’aurais voulu avoir une autre vie, ta vie. J’aurais voulu naître le 5 septembre 1946, dans l’île exotique de Zanzibar, comme disent tes obituaires. J’aurais voulu être un enfant à Bombay, et ensuite rencontrer Mary Austin, vivre dans le tourbillon que tu as vécu, de Londres à Hawaï, de Melbourne à Genève, et de là au paradis. Le rêve absurde de vouloir une autre vie. Le rêve de vouloir être roi ; pas un roi qui gouverne des hommes, mais qui répartisse de la joie. Je sais, toi aussi, tu aurais voulu une autre vie. Au bout du compte nous passons notre temps à chercher l’impossible justement pour ça, parce que c’est impossible. »

                                                                  Freddie

# Le projet autour des Ceremonias para actores desesperados/Cérémonies pour comédiens désespérés (Tusquets, 2004, en espagnol), du Cubain Abilio Estévez, commence en décembre 2011 et cherche à déployer divers aspects de la solitude qui apparaissent dans ce triptyque de monologues. Grâce au personnage de Santa Cecilia, une dame centenaire qui habite au fond de la mer – figure tutélaire du temps et de la musique –, on s’aperçoit que rester enfermés dans les souvenirs est aussi une façon de mourir. Dans El enano en la botella/Le nain dans la bouteille, l’isolement génère tellement de dédoublements identitaires, par les illusions du cinéma et du théâtre, que le personnage atteint les limites de la folie. Pour le jeune homme de Freddie, la condition de pauvre intensifie la tension entre la fantaisie du plaisir et la frustration.